PRESERVATION DES DOCUMENTS ANCIENS(II)

LES PHOTOGRAPHIES

La lumière est ce qui crée les images. Mais la lumière est ce qui les détruit.

Les procédures de conservation des photographies sont très proches de celles des papiers.
Elles doivent être entreposées dans des endroits peu exposés à la lumière, si possible, jamais à la lumière du jour. Le local doit être aéré, propre, sans poussière avec température et humidité faibles et stables. Elles peuvent être conservées dans des albums ou des boîtes sans acide.

Différentes techniques de  photographie sont conservées dans les musées, les bibliothèques, les archives et les maisons.
Les premières photos datent de 1840 environ et sont très différentes de celles d’aujourd'hui. Elles étaient  faites en métal, et non en papier. Les premières photos qui ont été populaires au XIXe siècle  sont les daguerréotypes.

PHOTOGRAPHIES SUR SUPPORTS EN MÉTAL:

LES DAGUERRÉOTYPES

Un daguerréotype est une plaque de cuivre recouverte d'une émulsion d'argent, de mercure et parfois d'or. Sur cette plaque est imprimée par un processus photochimique une image claire et monochrome. La prise de cette photo est directe; le daguerréotype est un procédé ne permettant aucune reproduction de l’image.

L'image avait une inversion latéral à l'égard de sa position originale, faisant apparaitre les nombres et les lettres à l'envers. S'il est bien conservé, la surface est polie comme un miroir. Selon l'angle d'observation, un daguerréotype peut se voir soit en positif, soit en négative. L'original -unique-, est protégé par un verre séparé de quelques millimètres de la plaque, tout scellé par un cadre en laton sur ses quatre bords, et protégé par un écrin en cuir ou en bois. Ils ont été utilisés entre 1840 et 1860. D'abord, le temps d'exposition était de 5 à 20 minutes, jusqu'à 1855, où ces périodes ont été raccourcie à un temps de pose de 10 secondes. On pouvait le faire en soumettant la plaque d'argent iodurée, aux vapeurs de brome, donnant ainsi plus sensibilité à l'emulsion, et en augmentant la sensibilité de la lentille.

Le daguerréotype a été inventé par Louis Daguerre, peintre et décorateur de théâtre, qui s’était associé en 1829 à Nicéphore Niepce, qui utilisait une méthode qui ne permettait pas de conserver une photo de manière permanente. Après le décès de Nicéphore Niepce en 1833 Louis Daguerre poursuivit les travaux de photographie et perfectionna le système. En 1839 il obtint un brevet par l'Académie des Sciences, reconnu et acquis par le gouvernement français, pour, postérieurement, le verser dans le domaine public.

Les daguerréotypes doivent être conservés dans leur cadre d’origine, avec leur plaque de verre. Ils doivent être scellés entre deux autres plaques de verre séparées de la plaque d’origine de 1 à 2 mm. La plaque ne doit jamais être touchée avec les doigts ; elle est très sensible et  doit être manipulée avec des gants en coton.  Ils doivent être emballés dans des cartons sans acide, avec une acidité neutre de PH7. La température doit être comprise entre 18 et 20 degrés et  une humidité de 35 et 50%, et seulement exposés –mais le moins possible-,  à la lumière incandescente, entre 50 et 75 lux.

AMBROTYPES ET FERROTYPES

Le daguerréotype avait un coût élevé et son utilisation présentait un danger pour les photographes, avec les rejets de mercure hautement toxique. On a donc cherché d'autres supports plus sûrs et moins coûteux.

L’ambrotype connu une courte utilisation de 1854 jusqu'en 1865. L'image se formait sur une plaque de verre avec une émulsion de collodion humide (solution de nitrocellulose dans un mélange d’éther et d’alcool), sensibilisé avec des solutions de nitrate d'argent.

Le ferrotype, par son faible coût a duré une bonne partie du XX e siècle jusque vers 1915. Il s'agissait d'une variante du procédé avec émulsion au collodion utilisant comme support de l'image une plaque d'étain recouverte d’un vernis noir des deux côtés. Les images sont grisâtres et n’ont  pas tellement de contraste. Quelquefois le vernis fait augmenter le niveau de protection et les rend brillantes.

Ces deux supports sont, comme le daguerréotype, uniquement une image positive et en miroir. (Voir photo ci-dessus du chapeau du soldat).

PHOTOGRAPHIE SUR PAPIER

PHOTOGRAPHIE SUR PAPIER ALBUMINÉ

Les photographes cherchaient à faire des copies multiples d'une photo. L’unique essai fut le calotype, (« calotypie » : procédé négatif-positif qui permettait la diffusion multiple des images, fut inventé par Henry Fox Talbot en 1840 et breveté) Avec ce procédé, la copie des images en positif était possible par simple tirage contact, mais la qualité n’était pas bonne, puisque le papier était du papier sur lequel on écrivait. L'irrégularité du grain du papier était transmise à l'image et ce procédé n'a pas réussi à détrôner le daguerréotype par la qualité de son image. Le but était d'obtenir une surface homogène, mais on ne trouvait pas les produits chimiques adéquats pour le faire.

Un imprimeur photographe, Louis Désiré Blanquard, résout le problème, vers 1850: en couvrant les feuilles de papier avec le  blanc d’un œuf salé et battu en neige, de façon à ce que la surface du papier acquiert un éclat. Cette couche était sensibilisée par une solution de nitrate d’argent mais comme les sels d’argent n'arrivaient pas à imprégner les fibres du papier, l'image sortait donc avec une très bonne définition.

Les photographies sur papier albuminé ont été utilisées jusqu'à 1895 ou 1896, mais le papier albuminé a continué à être fabriqué pendant de nombreuses années. Le papier était collé sur un carton. L'image finale apparaissait dans la position correcte, déjà non inversée, et avec une très bonne définition.
 En 1888 une seule fabrique à Dresde en Allemagne, a cassé plus de 6 millions d'œufs pour sa production. Une grande partie de l'histoire de nos ancêtres se trouve dans des photographies à l’albumine. Avec ce type de photos on va connaître les "cartes de visites" qui sont des cartes personnelles avec photos, et  renseignements  au verso. Les images avaient à l’origine une couleur cannelle, qui jaunissait au cours du temps. L'émulsion tendait à se fendiller et elles s'oxydaient.

PAPIER GELATINÉ DE RÉVÉLÉ CHIMIQUE

Avec le slogan "you press the bottom, we do the rest" ("vous pressez le bouton, nous faisons le reste"), en 1884 George Eastman, de New York, a inventé le papier de révélé chimique, qui était un papier imprégné d'une gélatine sèche de chlorure d’argent, une gélatine - bromure d’argent ou une gélatine - chlorobromure d’argent.

Antérieurement, les photographes devaient transporter les plaques avec tous les produits chimiques et le développement des images se faisait par exposition à la lumière solaire.
Avec les nouveaux petits négatifs, la sensibilité du papier faisait que l'image  apparaissait rapidement sous la lumière électrique, et des copies pouvaient être faites.

Ce procédé a dominé tout le marché jusqu’à environ 1905. Ce sont les photos en blanc et noir encore de nos jours. A ce moment la Kodak-Eastman lançait sur le marché le rouleau photographique.

Les conditions de conservation des photos dépendent de leur exposition  à la lumière. La lumière crée les images, mais aussi elle les dégrade. Les photos ne doivent être prises uniquement par les bords et si possible avec gants en coton.
La présence sur les  anciennes photos  de sels d’argent, ou d'autres métaux, produit une oxydation. Ne jamais mettre des attaches métalliques. Les photos doivent être gardées dans des lieux propres. Si les photos sont gardées dans des albums, ceux-ci ne doivent pas contenir d’acides ; ils ne doivent jamais être en PVC, mais en polyester ; les feuilles des albums ne doivent pas contenir d'acides. On trouve ces papiers chez les photographes. Les photos "malades", avec des moisissures ou des insectes ne doivent pas toucher des photos saines, afin de ne pas propager l’infection aux autres archives.

Pour conserver les images il est important de les numériser, bien que la valeur de l’originale soit toujours beaucoup plus grande et on doit la garder précieusement.

Pour les photos numérisées ne pas les laisser uniquement sur le disque dur de l'ordinateur, mais avoir un "back-up" copié en DVD ou une mémoire complémentaire.

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